Depuis 2021, et la reprise après une période pratiquement blanche due à la crise sanitaire, la fréquentation affiche une progression constante plus ou moins marquée selon la saison.
Ajaccio, deuxième port français pour la croisière derrière Marseille, capte encore et toujours la majeure partie de l’activité en Corse. En 2025, il avait vu débarquer 336 920 des 380 787 alors recensés pour l’ensemble des ports insulaires. Cette année, les prévisions sont meilleures avec près de 355 000 passagers attendus dans la cité impériale, répartis sur 215 escales. La dynamique se confirme également à Bonifacio, Propriano et L’Île-Rousse.
Les perspectives vont dans le même sens pour Bastia qui devrait enregistrer 56 escales (5 de plus une année sur l’autre) pour environ 10 000 croisiéristes (+25 % par rapport à 2025). Depuis janvier, la progression est de +22,3 %. Seul Porto-Vecchio, où des travaux maritimes sont en cours, est en recul sur les cinq premiers mois de l’année. Visiblement, la Corse demeure très attractive pour la filière, et les stratégies développées ont atteint leurs objectifs…
On avance aussi à bonne allure en direction du développement durable, de la protection de l’environnement et de la transition écologique. Ainsi les ports corses participent-ils de manière très active à la Charte Durable en Méditerranée qui vise à renforcer la protection de la biodiversité marine, la préservation des cétacés et la réduction des rejets en mer, tout en encourageant la diminution des déchets, la lutte contre le plastique à usage unique, la réduction des nuisances sonores et lumineuses. La décarbonation et l’amélioration de la qualité de l’air étant au cœur des priorités.
Sur ce dernier point plus particulièrement, on notera que les navires sont de plus en plus nombreux à naviguer au GNL. À Ajaccio, qui concentre donc le plus fort des escales, les trois plus grosses unités attendues cette saison — Aida Cosma, Silver Princess et Mein Schiff Flow, 18 000 passagers à eux trois et 37 escales programmées — « marchent » au gaz naturel liquéfié. Un carburant qui ne dégage aucune particule fine, pas de dioxyde de soufre, alors que le dioxyde d’azote apparaît de manière résiduelle et que le dioxyde de carbone est réduit de 25 %.
Le renouvellement de la flotte avec l’intégration des nouvelles technologies et, d’une manière plus générale, un comportement plus responsable de tous, doivent réduire encore l’impact environnemental d’une activité essentielle à l’économie locale. Une étude établit à plus de 27 M€ annuels et 240 emplois (directs, indirects et induits) les retombées pour la seule ville d’Ajaccio, de manière fortement désaisonnalisée.
