C’est à grande échelle et avec un soutien financier sans précédent, en particulier mobilisé par les autorités nationales de l’Aviation civile, que la sûreté prend actuellement toute sa dimension physique et opérationnelle à l’aéroport Napoléon-Bonaparte d’Ajaccio.
À l’instar de ses trois sœurs territoriales, la plateforme de Campo dell’Oro enregistre une croissance de fréquentation régulière au point, aujourd’hui, d’avoir franchi un nouveau pallier de traitement de passagers (1,5 M€ par an), en maintenant la vigilance exigée, grâce à des dispositifs transitoires approuvés au plus haut niveau. Le chantier entrepris voici quelques semaines dépasse largement le cadre d’une adaptation conjoncturelle imposée par l’Europe. Il s’agit de se donner une large marge de manœuvre afin de traiter le trafic aérien actuel dans des conditions optimisées conformes aux standards de sûreté, de sécurité et de qualité les plus élevés. Dans cette perspective à la fois ambitieuse et réaliste, il a été décidé, sous l’égide de l’État via la délégation décentralisée Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile Sud-Est, et de l’EPCI de Corse, d’aménager un vaste espace dédié à la chaîne de sûreté comprenant le contrôle des passagers et des bagages avec le personnel dûment formé et les équipements et les technologies de dernière génération.
Pour le passager, plus de fluidité et moins de stress
C’est en effet un investissement de 16,3 M€ qui accompagne la création du prochain « Pôle sûreté » qui regroupera les équipements de contrôle des bagages de soute, un centre de supervision des opérations et des locaux dévolus aux agents. Les deux appareils de détection d’explosifs de standard 3 – les EDS 3 – opérationnels depuis février 2024 dans une configuration contrainte mais transitoire seront donc intégrés dans une implantation définitive.
La fiche technique
Le groupement mandataire est constitué par « Les Charpentiers de la Corse » ; l’entreprise Roch Leandri a été retenue pour le gros-œuvre, Villa-Battesti pour l’architecture et Inge-CO et Inge-stru pour les études techniques. À noter que ce chantier majeur est dans sa mise au point, son suivi et bientôt son exploitation le fruit précurseur et inédit d’un travail collectif mis en œuvre par l’ensemble des équipes aéroportuaires de l’EPCI de Corse, tant celles des aéroports d’Ajaccio et de la Corse du Sud mais également celles engagées à partir de Bastia et de la Haute-Corse et enfin de la Direction Régionale de la Sûreté.

Le chiffre — 1 600
Le nombre maximal de bagages susceptible d’être traité chaque heure dans le futur « Pôle sûreté » de l’aéroport d’Ajaccio.
À savoir un bâtiment en bois… flambant neuf, jouxtant l’actuelle aérogare, d’une surface d’environ 3 500 mètres-carrés d’espace utile au sol : 2 500 pour le tri bagage et 1000 pour le poste d’inspection-filtrage. Le projet prévoit également un point de contrôle réservé au personnel, des espaces de repos pour les équipes, une salle de formation et la modernisation des installations accueillant les passagers.
En point d’orgue de l’installation, un « APOC Sûreté », l’équivalent d’une tour de contrôle pour coordonner toutes les opérations liées à la sûreté. À l’horizon juin 2028 est prévue l’installation d’EDS pour les bagages dit cabine, c’est-à-dire les sacs et les valises de petite dimension que les voyageurs emportent avec eux à bord. Grâce à une image scannérisée en trois dimensions de leur contenu, l’analyse des objets et a fortiori la détection d’engins dangereux est sûre. Un autre avantage : au moment du contrôle qui précède l’accès aux salles d’embarquement, il n’est plus nécessaire d’extraire de ses bagages cabine les ordinateurs, les tablettes et les liquides strictement autorisés. Pour le passager, c’est tout bénef : moins d’affaires à sortir, moins de bacs à manipuler et moins de temps passé à tout ranger une fois le contrôle terminé.
