La Corse et la Principauté de Monaco partagent un lien séculaire canonique : Sainte-Dévote, leur patronne commune, protectrice des marins et divine figure tutélaire de la famille Grimaldi.
Son martyre remonte au IVe siècle et aux persécutions romaines. Torturée sans jamais renier sa foi, son corps fut récupéré par des fidèles pour lui éviter le bûcher et placé sur une barque qui, guidée par une colombe selon la légende historique – ou l’histoire légendaire – échoua sur une rive qui devint princière neuf siècles plus tard.
Sous l’impulsion des princes régnants, les relations se sont renforcées à la faveur de la construction d’un musée archéologique à Mariana sur le lieu même du supplice de Dévote, Lucciana étant la seule commune de France jumelée avec la Ville de Monaco.
L’union n’est pas que sacrée. Elle est aussi environnementale, la Corse étant depuis 1999 au cœur du Sanctuaire Pelagos, seule aire maritime internationale dédiée à la protection des mammifères marins en Méditerranée.
À un échelon plus humble mais porteur d’espoir, un pont économique est appelé à s’ériger sous la forme d’un accord de coopération entre l’EPCI de Corse et le Monaco Economic Board (MEB), la chambre de commerce de la Principauté.
Esprit d’équilibre et d’ouverture
La signature de ce partenariat aura lieu le vendredi 18 septembre à l’hôtel Méridien Beach Plaza de Monaco à l’occasion du XIVe Salon « Monaco Business Expo », vitrine incontournable des entreprises les plus dynamiques de l’État princier.
Chaque année depuis sa création, le Salon est inauguré par SAS le Prince Albert, un familier de la Corse qui a toujours entretenu d’excellentes relations avec ses élus, Gilles Simeoni et Jean Dominici en tête.
Un projet de convention-cadre, d’une durée de trois ans et renouvelable par tacite reconduction, a été conjointement élaboré par les deux parties bien en amont de la visite officielle en Principauté.
Le rapprochement économique en constitue l’ossature. Il s’agit de formaliser et d’intensifier les échanges de coopération dans le domaine des filières et des services de part et d’autre de la Méditerranée et de favoriser la montée en compétences des acteurs économiques de leur territoire respectif. commerciaux durables et la circulation des savoir-faire entre acteurs économiques.

Michel Dotta,
Président du Monaco Economic Board
« Rapprocher nos économies pour créer de la valeur partagée : c’est le sens de ce partenariat avec l’EPCI de Corse. Notre stand commun lors du salon Monaco Business constituera le premier pas concret de cette collaboration qui s’annonce fructueuse. »
Le MEB en un coup d’œil
Chargé de la promotion et du développement des entreprises monégasques, le Monaco Economic Board (MEB) réunit sous sa bannière plus de 630 membres.
S’adossant à un vaste réseau international de partenaires, le MEB organise une cinquantaine d’évènements par an : missions économiques à l’étranger, conférences, salons, accueil de délégations du monde entier.
Sa récente évolution juridique sur le modèle des chambres de commerce s’est accompagnée d’une ambition renouvelée : consolider son rôle de fédérateur et d’accélérateur du développement économique des entreprises monégasques.
Notamment en soutenant l’innovation et l’accès à de nouveaux marchés internationaux et en créant une cellule dédiée à la production d’intelligence économique.
L’arrivée de la Corse dans son giron est vécue par les dirigeants du MEB comme un des éléments constitutifs de ce renouveau stratégique.
Tourisme et formation dans le viseur
Le pont économique appelé ainsi à s’établir entre la Corse et la Principauté de Monaco n’est pas un pont mobile actionné de manière intermittente. Il sera permanent.
Pour y veiller, la mise en place d’un comité de pilotage a été prévue, composé d’élus et de techniciens désignés par chacune des deux institutions, chargés de programmer des actions inhérentes aux priorités économiques des deux territoires, de les superviser et de les évaluer.
L’établissement d’un dialogue permanent et la régularité d’actions conjointes dans un cadre coordonné et respectueux des prérogatives de chacune des entités signataires ne serait pas confiné au seul univers de l’entreprenariat.
Par un effet rebond, grâce à l’intercession proposée par la chambre de commerce monégasque, la promotion touristique de la Corse, les activités liées à la mer comme la plaisance et le nautisme ainsi que la formation à un niveau d’excellence dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, de l’hospitalité et de l’évènementiel, intégreront aussi le champ de cette coopération dont bénéficiera l’École Hôtelière Méditerranéenne.
Au moment où la convention sera signée entre Gilles Simeoni, président de l’EPCI de Corse et Michel Dotta, président du Monaco Economic Board, cela fera trois ans, quasiment jour pour jour, que dans son discours solennel à l’Assemblée de Corse, le président de la République française souhaitait un rapprochement de ce type avec la Principauté : « L’inscription en Méditerranée de la Corse doit composer une part majeure de son destin. »
