[Corse-Matin] Les chambres consulaires revoient leur catalogue de formations

Chambre de commerce et d'industrie et chambre de métiers se sont regroupées au sein d'une association pour mutualiser leurs moyens et créer de nouvelles filières. Illustration avec l'école de tourisme qui ouvrira en 2025 à Ajaccio.
Les présidents des chambres consulaires à une assemblée

Dorénavant, l’offre de formation consulaire change de nom pour devenir une marque : Amparà Méditerranée.

C’est désormais à travers un catalogue commun régional et interconsulaire que les futurs apprentis, étudiants ou salariés pourront partir en quête d’une formation, du CAP jusqu’à bac +5.

Après la convention signée en 2022 entre la chambre de commerce et d’industrie (CCI) et la chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) de Corse, les deux institutions consulaires franchissent un nouveau cap en se regroupant au sein d’une association.

Son président fraîchement désigné, Jean-Charles Martinelli, également à la tête de la CMA, y voit « un grand moment qui ouvre des perspectives pour la jeunesse de l’île ».

L’annonce a été faite mardi dernier dans les bureaux de l’hôtel consulaire de la CCI à Bastia, mais voilà près de deux ans que ce dossier était sur la table afin de développer une offre de formation adaptée aux besoins du territoire. Il restait à lui garantir une meilleure visibilité.

Un guichet unique et de nouvelles filières

D’aucuns l’avouent, des filières existent déjà, plus de 4 000 personnes sont même formées chaque année à travers les six campus dispatchés sur l’île et gérés par les deux institutions mais une confusion demeure. « Les gens n’accèdent pas toujours aux formations et ont du mal à les identifier », souligne Jean Dominici, le président de la CCI de Corse.

L’ambition du groupe Amparà Méditerranée est donc de proposer un guichet unique.

L’ensemble des offres du réseau seront listées et fléchées. « Il ne s’agit pas de concurrencer des filières mais de les compléter en créant notre propre offre et en définissant à quel endroit on la développe et dans quelles conditions. Qui mieux que les réseaux consulaires peuvent interfacer les filières de formation aux besoins des entreprises et des artisans ? », poursuit Jean Dominici.

Dans cette perspective, des filières tournées vers les énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments ou l’automobile pourraient être créées. L’argument avancé justement pour justifier ce « petit » bouleversement, c’est la nécessité de faire coïncider offres et besoins des entreprises locales. Son illustration n’est autre que la création d’une école de tourisme régionale au palais des congrès d’Ajaccio. Longtemps serpent de mer des socioprofessionnels, ce projet devrait se concrétiser d’ici la rentrée de septembre 2025.

La CCI attendait le soutien de la Collectivité de Corse qui, rappelons-le, fixe la carte des formations, et elle vient de l’obtenir. Les travaux pourraient être engagés très prochainement pour recevoir près de 300 élèves. Il s’agit d’emplois qualifiés qui font défaut au secteur.

Plus de 4 000 personnes sont formées chaque année à travers les six campus dispatchés sur l’île et gérés par les deux Institutions consulaires mais une confusion demeure.

Une stratégie marketing commune

Le dernier avantage mis en exergue est la mutualisation des 300 collaborateurs – dont 120 permanents – et des plateaux techniques à disposition afin de faire fonctionner ces gros réseaux de formation qui représentent, selon des données de la CCI, près de 35 % des apprentis de Corse.

La marque Amparà Méditerranée induit aussi une stratégie marketing commune pour affronter les nouveaux défis du marché de la formation et donc gagner de nouveaux élèves. « En se regroupant, on crée les conditions d’un positionnement fort sur ce marché et c’est ce qui manquait », assure Pascal Agostini, directeur de CCI Formation.

Ce rapprochement, c’est aussi une étape logique en vue du transfert de tutelle des chambres consulaires d’ici la fin de l’année. Au chapitre des compétences à transférer, celui de la formation est à prendre en compte et d’emblée, il était question de synergies à trouver pour faire tourner le centre de formation d’apprentis sous l’égide de la CMA et le Campus Formation Corsica de la CCI. Le changement a donc débuté.

JULIE QUILICI-ORLANDI

PHOTO : DUME ALFONSI

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