La première école hôtelière de l’Île dans ses murs le 3 novembre

En salle pour porter le savoir-faire insulaire, en cuisine pour faire ses gammes au piano, en sommellerie pour prendre de la bouteille, une centaine d’apprentis vont investir le palais des congrès

Corse-Matin – Anne-C. Chabanon

À l’étage du toit-terrasse envahi par la poussière et les rumeurs de la ville basse enroulée autour du palais des congrès, des ouvriers mettent la touche finale à l’École hôtelière méditerranéenne, un lieu entièrement dédié à la filière de l’hôtellerie-restauration. Un dossier serpent de mer qui a cent fois rendu son tablier avant de trouver, enfin, sa raison d’être.

À la clé, une opération ficelée – d’un coût de 2 M€, financement CCI, CdC, État, Capa – et une mise au pot des compétences consulaires (chambres de commerce et de métiers) sous l’égide de la plateforme de formation Amparà Méditerranée qui aura en charge la gestion de l’établissement.

La première promotion, une centaine d’apprentis, fera sa rentrée le 3 novembre prochain.

« Les acteurs économiques du secteur guettent cet outil pédagogique depuis des décennies, rappelle Pascal Agostini, directeur de l’enseignement-formation à la CCI de Corse et en charge du projet. Nous y sommes. »

Une journée portes ouvertes est prévue, aujourd’hui, de 10 heures à 17 heures, afin de présenter l’établissement, mettre en relation professionnels et élèves, voire attirer des jeunes qui ne sont pas encore inscrits.

En attendant, le plateau technique, d’environ 1 000 m2 prend forme tandis que les « salles de classes, neuf au total, sont quasiment fin prêtes », guide Stéphane Galavotti, le régisseur général du palais, qui entraîne dans les méandres d’un chantier dont « les travaux ont été menés en huit mois ».

Côté plateau technique, explique-t-il, en détaillant les éléments dont beaucoup sont encore sous cloche, empaquetés, « un bar a été conçu, ainsi qu’une cuisine dite de lancement, donnant directement sur la salle de restauration. Le plafond a également été abaissé de quelques centimètres pour adapter l’éclairage. »

Côté sous-sol, cinq chambres froides sont installées avec un accès direct, par monte-charge. « Si, auparavant, tout était regroupé, chaque pièce a désormais une fonction précise », appuie Pascal Agostini.

Quatre formations seront dispensées – du CAP au bac + 3, l’école hôtelière intégrant à partir de 15 ans, après la troisième – cuisine, service, sommellerie et management hôtelier.

Objectif partagé, répondre aux besoins des entreprises locales dans une filière où les difficultés de recrutement sont prégnantes, en particulier en termes de personnel qualifié.

« L’idée, martèle le directeur de l’enseignement-formation à la CCI de Corse, est de générer des vocations avec un plateau technique d’exception, de manière à montrer la voie vers les métiers de l’hôtellerie et de la restauration. D’où les passerelles tissées avec l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) et le Cercle des grandes maisons corses. »

Auxquelles s’ajouteront les collaborations prestigieuses de l’école de Savignac et de celle d’Avignon, en pointe dans le management hôtelier. L’originalité du projet tient, en outre, à l’étroite imbrication entre l’activité événementielle du palais – qui sera, quant à lui, livré à la mi-février 2026 – et le cursus des élèves pour optimiser leur savoir-faire au cœur d’un bâtiment où ils seront en prise directe avec la réalité du terrain. Y compris entre les murs.

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