La Lettre | Figari, Fenêtre sur… Tour

Le président de l’EPCI de Corse demande au ministre des Transports de poursuivre l’adaptation des effectifs de contrôleurs aériens et d’adapter les plages horaires à la forte croissance du trafic à Figari.

Le travail des équipes de la CCI puis de l’EPCI, des collectivités et des professionnels locaux, la bénéfique conjonction de sites remarquables, du sens aigu de l’hospitalité et de la qualité des hébergements et des services proposés par les acteurs économiques de l’Extrême-Sud, ont dopé en continu l’activité de l’aéroport de Figari. C’est bien simple, le nombre de passagers a fait un bond spectaculaire de 60 % entre 2009 et 2025. Cette dernière année, 914 000 voyageurs ont transité sur la plateforme, c’est une croissance record au plan national.

Malgré les contraintes budgétaires, la Collectivité de Corse et son concessionnaire de l’époque, la CCI de Corse sous la présidence de Jean Dominici, ont sensiblement amélioré ces dernières années les conditions d’accueil et de sécurité de la plateforme aéroportuaire (réfection des infrastructures aéronautiques et parkings avions). De nombreuses autres opérations d’investissements viennent d’être lancées pour près de 20 M€, d’une part avec l’Etat et le nouveau système de convoyage et de contrôle des bagages, et de nouveau avec la Collectivité de Corse pour l’extension des salles d’embarquement. Comme l’a rappelé le Président Simeoni par sa réponse à une question orale lors de la session de l’Assemblée de Corse du 30 Juillet 2026, des progrès ont également été obtenus dans le dimensionnement des effectifs de contrôleurs et surtout dans l’introduction tant attendue, en 2025 de l’aéroport dans la liste des plateformes protégées par un service minimum en cas de conflit social dans le contrôle aérien.

Cependant et même redimensionnés les effectifs actuels de la tour de contrôle ne permettent plus de faire face à la croissance régulière du trafic. Chaque retard qui a pour conséquence de dépasser la limite horaire règlementaire de travail des contrôleurs aériens peut engendrer l’annulation d’un vol ou son déroutement même s’il relève de la desserte de service public. C’est ce qui s’est produit le 29 juin dernier pour un vol Air Corsica entre Paris-Orly et Figari. L’incident a eu un fort retentissement médiatique même s’il n’est que la conséquence logique des règles de sécurité qui encadrent la durée maximale de travail des contrôleurs. Le souci n’est pas nouveau. Il y a trois ans, ce type d’incident avait amené Jean Dominici à sensibiliser le gouvernement sur le manque d’effectifs dans la tour de contrôle de Figari. Il avait été entendu alors par le ministre des Transports et par la DGAC, la Direction générale de l’Aviation civile, mais la dynamique de progression de l’aéroport fait resurgir le sujet de l’inadéquation entre les effectifs des contrôleurs aériens – au nombre de 12 – et les besoins opérationnels avec une plus grande acuité encore.

Aussi, Gilles Simeoni a adressé à son tour un courrier au ministre des Transports en date du 10 juillet dernier.

« Depuis 2025, écrit-il à Philippe Tabarot, 16 mouvements, dont 10 vols sous OSP, ont dû être annulés ou déroutés pour cause de fermeture de la tour de contrôle (…) Aussi, il nous semble nécessaire plus que jamais de poursuivre notre coopération positive dans l’accompagnement du bon fonctionnement de cet aéroport ainsi que de sa croissance vitale pour le Sud Corse et l’île tout entière. »

Inutile de rappeler ici ce que pèse la présence d’un aéroport international sur l’économie de tout un territoire.

Gilles Simeoni — « Les efforts consentis par le passé ne suffisent plus »

« Toutes ces dernières années, la CCI de Corse et la Collectivité de Corse ont communément engagé d’importants investissements aux fins de modernisation et de sécurisation de la plateforme de Figari dans toutes ses étapes, accueil, services, enregistrement des bagages, contrôles de sécurité, mais aussi pour aménager l’ensemble de la zone périphérique, voies d’accès, aires de stationnement, signalétique, etc.

Dès 2023, Jean Dominici avait tiré la sonnette d’alarme sur l’insuffisance des effectifs dédiés à la tour de contrôle. Certes, Clément Beaune, le ministre des Transports de l’époque, avait consenti un effort, mais la croissance du trafic va beaucoup plus vite que l’effort qui a été fait et apprécié à sa juste valeur.

L’esprit de discernement et de volontarisme affiché par les contrôleurs a régulièrement permis de surmonter les dépassements d’horaires. Mais le problème devient récurrent et les incidents d’annulation et de déroutement se reproduisent trop souvent.

La plateforme de Figari est aujourd’hui confrontée à un obstacle de plage horaire trop réduite qui crée des tensions voire de sérieuses difficultés dans l’organisation du trafic, des difficultés qui peuvent s’avérer très préjudiciables pour les passagers comme ce fut le cas à la fin du mois de juin.

Ce que nous proposons au gouvernement, c’est de prendre les dispositions nécessaires dans les meilleurs délais : le renforcement des effectifs – en passant de 12 contrôleurs aériens à 15 – la réactivation du dispositif relatif aux astreintes pour les vols sanitaires et les retards exceptionnels, et un élargissement des plages horaires afin de les rendre plus adaptées à la densité des flux saisonniers.

J’ajoute qu’il convient de faire la distinction entre les liaisons aériennes commercialement libres de celles liées à des obligations de service public pour lesquelles il faut une protection spécifique, garantie et intangible.

C’est très important pour les résidents corses. »

Un plan en trois dimensions

Dans le courrier adressé au ministre des Transports, le président de l’EPCI de Corse propose un plan d’actions qui s’articule autour de trois axes principaux.

1. Renforcement des effectifs : la croissance du trafic et les aléas opérationnels demandent de porter à 15 le nombre des contrôleurs.

2. Adaptation des plages horaires : étendre la plage de 6 heures (au lieu de 6h45) à minuit (au lieu de 23 heures) en été ; de même en hiver, passer de 6 heures à 23 heures (au lieu de 6h45-22 heures).

3. Protection des vols sous OSP (Obligations de Service Public) : les vols de service public ayant un caractère essentiel sinon vital pour les résidents, un dispositif doit être mis en place pour éviter toute interruption

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