La Lettre | Les aéroports de Corse, «finefleur» delabiodiversité

Déjà distinguées pour la richesse de leurs prairies, les plateformes d’Ajaccio-Napoléon-Bonaparte et de Bastia-Poretta ont franchi un nouveau palier dans la labellisation conférée par Aérobiodiversité.

Dans le monde de l’aéronautique, il y a l’avion à réaction et les réactions à l’avion. La charge écologiste contre le trafic aérien est légitime pour amener les opérateurs à réduire la voilure en termes d’émission de gaz à effet de serre, mais elle n’est pas toujours juste. Un aéroport est une aubaine pour la protection de la biodiversité. C’est particulièrement vrai pour la Corse. Un site aéroportuaire est constitué à 70 % d’espaces verts, des prairies qui hébergent des centaines de milliers d’espèces animales et végétales, souvent rares et protégées, parfois même endémiques, qui y trouvent des conditions favorables pour s’épanouir et se préserver de l’extinction. Les récentes expositions de la flore et de la faune sur les cimaises de nos aérogares ont permis de sensibiliser les voyageurs, en particulier les plus jeunes, sur les merveilles de notre nature et ainsi enrichir, dans ce domaine esthétique et apaisant, leur… bagage intellectuel.

Ajaccio et Bastia prennent du galon

La Corse est un modèle au plan national pour l’association Aérobiodiversité, un label créé en 2021 afin de valoriser l’engagement des personnels de nos places fortes du transport aérien dans la sauvegarde des fleurs, plantes, insectes, mammifères, etc. Chacun de nos quatre aéroports a ses points forts, ses contraintes, ses marges de progression, mais la dynamique d’ensemble est remarquable. La preuve : Ajaccio et Bastia ont vu leur niveau de labellisation prendre de l’altitude… Le conseil scientifique d’Aérobiodiversité a examiné deux dossiers corses. Son délibéré, récent, est très approbateur. L’octroi du label – qui compte désormais 5 niveaux – repose sur quatre grands critères : la qualité et le volume de la biodiversité présente autour de l’aéroport, l’implication de la direction et de ses équipes pour la préserver, la communication auprès du public et des usagers de l’avion, et l’ancrage territorial, c’est-à-dire la solidité de la connexion avec les acteurs locaux, politiques, pédagogiques ou associatifs. « Les aéroports de l’île sont parfaitement positionnés sur la plupart des volets, mais la clé de la réussite est dans la continuité des efforts et l’engagement dans le temps » explique Quentin Robert, un des membres du conseil scientifique.

La phrase

« Les dossiers corses témoignent d’une fierté réelle des personnels pour le patrimoine naturel de leurs plateformes »

Le conseil d’Aérobiodiversité

Des louanges et des suggestions

L’aéroport d’Ajaccio-Napoléon-Bonaparte a acquis le label de niveau 4. Le point fort qui lui a été reconnu, ce sont ces inventaires réguliers et fiables ainsi que la protection exemplaire de l’Helix ceratina de Corse, un petit escargot endémique, qu’on ne trouve donc nulle part ailleurs dans le monde ! Le jury salue aussi l’implication des personnels, la reconnaissance incontestée du rôle du « référent biodiversité », l’installation d’une exposition permanente et le partenariat actif avec deux organismes régionaux, le Centre permanent d’Initiatives pour l’Environnement et le Conservatoire d’Espaces naturels.

De son côté, Bastia-Poretta s’est vu octroyer le niveau 3. Parmi les points forts, la bonne prise en compte des espèces animales et végétales, l’engagement résolu du référent, les initiatives de sensibilisation du public y compris dans les réseaux sociaux, notamment l’organisation des visites scolaires.

Des marges de progression existent. Pour Ajaccio, il est conseillé d’améliorer la gestion des fonds de cuve des avions de lutte contre l’incendie. Pour Bastia, il est conseillé d’approfondir l’étude des amphibiens et de renforcer le partenariat avec la Réserve naturelle voisine. Des suggestions constructives qui n’écornent en rien les conclusions du conseil scientifique qui évoque « un dossier de bonne qualité et une dynamique positive » (Bastia) et « un travail sérieux, soigné et abouti figurant parmi les meilleures candidatures en lice» (Ajaccio).

Voilà de quelle belle façon nos aéroports se font… label.

Le chiffre

4400 : Le nombre d’espèces végétales et animales recensées par l’association Aériobioversité dont 350 espèces d’oiseaux et 51 espèces d’orchidées.

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