À Borgo, la journée « Corse Internationale » met en lumière les entreprises qui exportent

Organisée ce mercredi au Campus CCI Formation de Borgo, la Journée Corse Internationale vise à présenter aux entreprises locales les acteurs de l’accompagnement à l’export. Cette édition a été marquée par la remise des premiers Trophées du Moci en Corse, récompensant les entreprises insulaires les plus dynamiques à l’international.

Corse Net Infos – Léana Serve

Mettre en valeur les différentes entreprises corses qui réussissent à l’international : c’est le but de la Journée Corse Internationale, qui s’est déroulée ce mercredi au sein du Campus CCI Formation de Borgo. Organisée depuis 2006 par l’Agence de développement économique de la Corse (ADEC) et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse dans le cadre du plan régional export, cette journée vise à présenter aux entreprises locales les différents acteurs de l’accompagnement à l’export. « Chacun apporte sa pierre à l’édifice, que ce soit sur la préparation des entreprises, le financement… L’intérêt, c’est faire connaître les interlocuteurs aux entreprises, leur apporter une information sur les marchés, et surtout qu’ils aient tous les acteurs en même temps », explique Michèle Cristol, cheffe de la mission export à l’ADEC. « Il y a des ateliers le matin, et l’après-midi est consacré aux rendez-vous B2B où les entreprises rencontrent les experts présents. »
 

Cette édition a été marquée par la remise des premiers Trophées du Moci en Corse, un concours national récompensant les entreprises les plus dynamiques dans leur stratégie d’exportation à l’international. Deux catégories étaient mises en avant : PME/ETI et start-up/innovation. « On cherche un mix à la fois de plans ambitieux et de résultats, donc des gens qui ont montré qu’ils arrivaient à concrétiser leurs ambitions sur le terrain et devenir des boîtes qui réussissent à l’international », détaille Emmanuel Saint-Martin, président du Moci, une revue française spécialisée dans le commerce international. « Si on veut être une boîte ambitieuse, et notamment en situation insulaire comme en Corse, il faut avoir une stratégie internationale. C’est ça qu’on regarde : est-ce que cette stratégie internationale a du sens ? Est-ce qu’elle a donné des résultats ou pas ? »
 

Isula Parfums et Missia​ en route pour la finale nationale
 

Deux entreprises corses se sont distinguées lors de cette première édition des Trophées du Moci en Corse : Isula Parfums dans la catégorie PME/ETI et Missia dans la catégorie start-up/innovation. Une troisième entreprise, Voltaïca, a quant à elle reçu le prix coup de cœur du jury.

Fondée par Stéphanie Romagnoli et sa mère, Isula Parfums faisait au départ fabriquer ses produits sur le continent. Désormais, « on fabrique pratiquement tout et on a construit un grand laboratoire atelier à Santa Lucia di Moriani : on dispose d’un laboratoire, d’une partie logistique, et d’une boutique ». Petit à petit, l’entreprise a réussi à s’exporter en Europe, mais pas que. « On a un distributeur en République tchèque, aux Pays-Bas, au Canada, au Koweït, et on est revendu aux États-Unis, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Italie et en Espagne. »
 

Très bientôt, Stéphanie Romagnoli va s’envoler pour le Mexique, dans le cadre de la mission Booster ADEC – Business France, à la recherche de nouveaux marchés. « Ils ont effectué pour nous des études de marché, des accompagnements sur plusieurs choses, et j’ai eu des visioconférences avec des distributeurs ou des boutiques, spas et instituts. Je pars les rencontrer pour qu’ils puissent sentir nos parfums. Ça permettrait de s’exporter en Amérique latine, on commencerait par le Mexique et on étendrait à la Colombie, etc. On espère avoir beaucoup plus de distributeurs, et représenter la Corse et tous ceux qui nous ont aidés. Ce prix est très gratifiant et ça nous conforte à continuer à essayer d’exporter. »
 

Récompensée dans la catégorie start-up/innovation, Missia a été fondée il y a deux ans par Sébastien Gilabert à Ajaccio. L’entreprise développe des solutions d’intelligence artificielle pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées. « Avec notre technologie, on est capable de détecter jusqu’à 146 activités du quotidien chez la personne et d’anticiper le risque et surtout ce qui va conduire à la dépendance. On est là pour la personne âgée, pour les aidants et pour les professionnels de santé. »
 

Missia a déjà commencé son expansion à l’international, avec le Canada comme premier marché ciblé. « On part dans deux semaines conclure des partenariats de recherche avec l’université de Sherbrooke et le réseau entreprendre innovation en santé. Le but, c’est que deux de mes collaborateurs puissent s’implanter au Canada dès septembre 2026 afin de continuer à développer notre technologie puisque le Canada est un pionnier dans l’intelligence artificielle, mais aussi afin de démarrer la prospection commerciale. » Les deux entreprises représenteront la Corse le 4 février prochain à Paris lors de la finale nationale des Trophées du Moci.
 

L’export, un levier essentiel pour les entreprises corses
 

En Corse, l’exportation n’est pas seulement un moyen de croissance : c’est une nécessité pour des entreprises souvent confrontées à un marché local limité. « Elles peuvent aller vendre sur le continent, ça leur permet de se renforcer, de renforcer leur capacité à vendre, mais elles ont une concurrence. À l’international aussi, mais on a beaucoup d’entreprises qui ont une histoire, un côté identitaire que cherchent certains acheteurs de certains pays. On a beaucoup d’AOC, d’AOP, de petites entreprises qui ont une histoire à raconter. Et souvent, on se rend compte qu’à l’international, quand une entreprise arrive pour vendre ses produits en racontant une histoire, ça lui donne un plus », souligne Michèle Cristol. « On a toujours une grosse concurrence en parfums, mais comme j’ai des fragrances locales ou italiennes avec mon associé italien, on arrive toujours à mettre notre petite touche et nous différencier de ce qui se fait ailleurs », précise  Stéphanie Romagnoli.

Mais pour les entreprises voulant s’exporter à l’international, l’accompagnement reste de mise. « Ce n’est pas facile de s’exporter, déjà pour tout le transport de marchandises. En plus, on est considéré comme de la chimie puisqu’on envoie de l’alcool et c’est considéré comme matière dangereuse. C’est bien de pouvoir s’appuyer sur des organismes qui vont nous aider et vont nous mettre en relation avec des personnes qui peuvent nous aider à développer l’export », lance Stéphanie Romagnoli. Un avis partagé par Michèle Cristol : « Il faut les aider, les accompagner, parce que c’est un travail de longue haleine. À l’époque où j’ai commencé, je ne sais même pas s’il y avait 10 entreprises en Corse qui exportaient à l’international. Aujourd’hui, on en est à 500. »

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