La Lettre | La main tendue de l’Europe méditerranéenne aux entreprises

A l’occasion de son dernier Bureau réuni à Bastia, l’Établissement public du Commerce et de l’Industrie a repris le flambeau des 19 programmes Interreg-Marittimo et Euro-Med historiquement portés par la CCI de Corse au service des entreprises du territoire

 De toutes les régions méditerranéennes impliquées dans les programmes transfrontaliers franco-italiens (Ligurie, Toscane, Sardaigne, Var), la Corse est celle dont les projets ont retenu la plus grande attention aussi bien sur les plans quantitatif que qualitatif. Les directions et les équipes de l’ancienne institution consulaire avaient fait la preuve de leur dynamisme et de leur sens créatif. L’EPCI de Corse s’inscrit naturellement dans la continuité pour reprendre le licol de la vingtaine de projets en cours dont la moitié présente un caractère stratégique. L’innovation, le développement, l’emploi sont les thèmes récurrents de ces dispositifs qui émergent de la mer méditerranéenne, mais c’est sur le terrain des transitions, qu’elles soient écologiques ou numériques, que l’effort est focalisé. Ainsi, les ressources financières captées au titre de ces programmes sont mises à disposition des entreprises par le biais d’appels à candidatures.

Aides déterminantes pour les «transitions»

Il faut bien admettre que les noms des programmes proposés par l’Union européenne dans cet espace marin de coopération sont, pour la plupart, des acronymes excentriques : « H2Move », « Easylog », « Firhub », « Eccelesi » et quelques autres de même acabit sémantique. Pourtant, derrière ces appellations baroques, il y a un tapis rouge qui se déroule vers l’avenir et sur lequel les entreprises corses pourront avancer à pas cadencés pour se transformer de façon vertueuse et sans se prendre les pieds dedans…

Parmi les appels en cours, on citera en premier « Nest 4ESG » qui a vocation à renforcer la compétitivité et la durabilité des entreprises ayant un impact social et environnemental. Celles qui sont retenues bénéficient de conseils spécialisés et personnalisés pour, entre autres, le calcul de l’empreinte carbone, l’efficacité énergétique du fonctionnement opérationnel de la société, le caractère durable des acquisitions de machines et de matériels, etc. La sélection est certes resserrée, mais les aides financières de l’accompagnement sont déterminantes.

Évoquons  encore  les  séquences  appelées « Smart twin Transition » et « Open Circular » qui donnent accès à des aides facilitant les transitions écologiques et numériques pour la première, et la transition écologique aux entreprises de la filière tourisme pour la seconde. Les deux privilégient les candidatures qui soumettent des processus novateurs et adhèrent à l’économie circulaire.

De l’huile (d’olive) sur le feu… de l’action

Mais le rayon d’action s’élargit à d’autres domaines. Ainsi, « Meta Dest » promeut les entreprises qui ont recours à l’intelligence artificielle pour valoriser leur territoire – la Corse pour ce qui les concerne – et montrer au monde entier qu’elle vaut le détour pour ses paysages, sa culture, sa gastronomie, le tout passionnément incorporé dans le creuset du tourisme durable. Dans le même esprit de protection environnementale, « Green bay » vise à réduire les obstacles à la navigation à l’approche et à l’intérieur des bassins portuaires aux prises avec les bouleversements climatiques comme on a pu le voir très récemment avec un vent à l’abordage de nos quais à grand renfort de violentes rafales.

Dans un tout autre registre, l’EPCI de Corse appuie un appel à projet plus conforme à une mer… d’huile, en l’occurrence l’huile d’olive. Le programme « OliveOilMedNet » – rien de plus facile à épeler – a pour objectif d’accroître la connaissance des caractéristiques biologiques des différentes terres oléicoles de Méditerranée. Les analyses comparatives contribueront à introduire des techniques de culture innovantes, respectueuses de l’environnement dans les oliveraies et les moulins à huile d’olive avec des certifications de qualité à la clé.

Pour la chambre régionale d’agriculture, partenaire à part entière, le projet a le mérite de reconnaître la Corse comme un bassin de production et de l’intégrer à un réseau européen marchand. En même temps, il donne la possibilité à certains producteurs oléicoles de l’île de se démarquer afin de mieux entrevoir une ouverture vers de nouveaux marchés. Tout comme l’huile avec l’eau, la renommée de la production corse remontera immanquablement à la surface.

Retrouvez les « programmes européens » sur notre réseau linkedin, et sur le site internet de l’EPCI de Corse (cliquez sur l’onglet : actualités et événements).

Le chiffre

4,2M€ : Le montant global des projets Interreg-Marittimo financé à 80 % par des crédits européens FEDER

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